Crise institutionnelle : Ousmane Sonko ferme la porte aux spéculations et revendique un Parlement maître de ses prérogatives
THIEYSENEGAL.com : À l’ouverture de la deuxième session extraordinaire de l’Assemblée nationale, le président de l’institution, Ousmane Sonko, a choisi la clarification plutôt que la polémique. Alors que les commentaires se multiplient sur de supposées tensions entre les institutions, il assure que le Sénégal est dans une phase de fonctionnement normal de ses institutions.
Devant les députés, le président de l’Assemblée nationale a rejeté l’idée d’une crise institutionnelle et affiché sa détermination à faire appliquer les textes, tout en veillant au respect des compétences dévolues aux autres institutions.
Ousmane Sonko a d’abord rappelé le cadre précis de la session ouverte ce mardi. Son ordre du jour ne comporte qu’un seul point : la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre.
En conséquence, la session extraordinaire doit prendre fin une fois cette séquence achevée.
« Puisqu’il n’y a qu’un seul ordre du jour, la séance sera clôturée immédiatement après la DPG », a-t-il déclaré.
Une précision qui intervient dans un contexte politique particulièrement suivi, alors que les modalités entourant la DPG ont alimenté les débats ces dernières semaines.
« Il n’y a pas de tiraillement »
Le président de l’Assemblée nationale s’est ensuite attaqué au fond des spéculations concernant les rapports entre les institutions.
Son message est sans ambiguïté : les divergences ou débats institutionnels ne doivent pas être automatiquement interprétés comme les signes d’une crise.
« Il n’y a pas de tiraillement, il n’y a pas de tensions. Il y a le fonctionnement normal des institutions », a martelé Ousmane Sonko.
Pour lui, le cadre juridique permet à chaque institution de jouer son rôle. Il insiste ainsi sur la nécessité de s’en tenir aux textes plutôt qu’aux interprétations politiques.
« Les textes sont très clairs. Ils seront appliqués autant qu’il le faudra », a-t-il assuré.
Pour appuyer son argumentaire, Ousmane Sonko s’est référé au fonctionnement des institutions françaises, dont le modèle a historiquement influencé une partie de l’architecture institutionnelle sénégalaise.
Il a notamment cité les trois périodes de cohabitation intervenues en France, en 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002. À ses yeux, ces expériences démontrent que des rapports politiques complexes entre les différentes composantes du pouvoir peuvent relever du débat démocratique sans nécessairement déboucher sur une crise institutionnelle.
« Cela n’a pas mis la France dans une crise. Il n’y a pas eu de tiraillement autre que le débat politique », a-t-il fait valoir.
Une mise en garde contre une crise « qui n’existe pas »
Ousmane Sonko a également dénoncé ce qu’il considère comme des tentatives de créer, dans l’opinion publique, la perception d’une crise institutionnelle.
« Je ne voudrais pas, aujourd’hui, qu’on essaie de tromper les Sénégalais en essayant d’installer une crise qui n’existe pas », a-t-il déclaré.
Une sortie qui intervient alors que les relations entre l’Exécutif et le Parlement font l’objet d’une attention soutenue, notamment autour de l’exercice de la DPG.
Au-delà de la réponse aux critiques, le président de l’Assemblée nationale a surtout réaffirmé la volonté de l’institution parlementaire d’assumer pleinement ses responsabilités.
Il promet une Assemblée nationale qui exercera l’ensemble des prérogatives prévues par les textes, sans pour autant empiéter sur le champ de compétence des autres institutions.
« L’Assemblée nationale, tant que nous serons là, exercera la plénitude de ses prérogatives, en respectant les prérogatives de toute autre institution, et les arbitres arbitreront », a-t-il lancé.
À travers cette mise au point, Ousmane Sonko fixe donc la ligne du Parlement : faire respecter les textes, assumer les pouvoirs de l’Assemblée et laisser aux mécanismes institutionnels le soin de trancher les éventuels différends. Une posture qui place désormais la DPG au centre de cette nouvelle séquence parlementaire.