THIEYSENEGAL.com La nouvelle Polyclinique internationale de Dakar est au cœur d’un bras de fer entre la direction des autorités et les travailleurs de l’Hôpital Principal. Réunis au sein d’une intersyndicale, les agents s’opposent à toute initiative visant à donner à la structure une autonomie juridique et financière. Ils estiment qu’une telle orientation serait contraire à l’esprit du projet initial de modernisation de l’établissement.
Le ton monte à l’Hôpital Principal de Dakar. La Polyclinique internationale, conçue dans le cadre du renforcement du plateau technique de l’établissement, cristallise désormais les inquiétudes des organisations syndicales.
Dans un communiqué daté du 1er septembre 2026, l’Intersyndicale des travailleurs civils de l’Hôpital Principal, qui regroupe notamment la CNTS, le SUTSAS, le STC-HPD et le SACSASS, demande la suspension de toute démarche visant à détacher la polyclinique de l’établissement.
Les travailleurs invoquent le projet initial
Pour les représentants du personnel, la nouvelle infrastructure ne devait pas constituer une structure indépendante, mais plutôt servir de levier à la modernisation de l’Hôpital Principal.
Cette lecture est confortée par un rapport environnemental officiel relatif au projet. Le document indique que la Polyclinique devait être implantée au sein de l’Hôpital Principal de Dakar et qu’elle s’inscrivait dans une volonté d’extension des activités de l’établissement, avec notamment l’objectif de renforcer l’offre de soins et de réduire les évacuations médicales vers l’étranger.
Les syndicats soutiennent ainsi que le projet initial prévoyait un rattachement de la Polyclinique à l’Hôpital Principal, aussi bien sur le plan juridique que financier.
Ils rappellent également que l’infrastructure a été construite sur une emprise appartenant au périmètre de l’Hôpital Principal. Le rapport officiel sur le projet confirme que le terrain retenu se situe dans le périmètre de l’établissement.
Au-delà de la question du statut de la Polyclinique, l’intersyndicale dénonce le transfert progressif de personnels et d’équipements vers la nouvelle structure.
Pour les travailleurs, cette évolution pourrait finir par réduire les capacités opérationnelles de l’Hôpital Principal au profit d’une entité qui fonctionnerait parallèlement à lui. Les syndicats évoquent notamment des inquiétudes liées au déplacement de certaines ressources humaines et matérielles.
Ils rejettent par ailleurs le risque d’une « médecine à deux vitesses » et réclament que la Polyclinique conserve une vocation au service de l’ensemble de la population sénégalaise.
L’intersyndicale ne limite pas sa contestation à la question du rattachement administratif. Elle réclame également davantage de clarté sur le futur mode de gouvernance de la Polyclinique.
Les travailleurs s’interrogent notamment sur son éventuel retrait du champ d’application du Code des marchés publics ainsi que sur ses relations institutionnelles avec le ministère de la Santé.
Pour eux, la modernisation de l’Hôpital Principal doit aller de pair avec le renforcement de ses moyens et non avec leur transfert vers une structure autonome.
À travers cette mobilisation, les syndicats interpellent directement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et l’invitent à préserver la philosophie originelle du projet.
La controverse intervient alors que la Polyclinique est appelée à renforcer l’offre de soins spécialisée à Dakar et à participer à la réduction des évacuations sanitaires. Le principal enjeu porte désormais sur son articulation avec l’Hôpital Principal : structure intégrée à l’établissement ou entité autonome ?