THIEYSENEGAL.com : Le dossier impliquant le lutteur Oumar Kane, dit « Reug Reug », connaît un nouveau rebondissement. Après le choix du juge du troisième cabinet de le placer sous contrôle judiciaire, malgré le réquisitoire du parquet en faveur d’un mandat de dépôt, le ministère public a décidé de faire appel. La Chambre d’accusation devra désormais examiner le recours.
L’affaire des présumés faux billets prend une nouvelle tournure judiciaire. Inculpé mardi par le juge du troisième cabinet pour association de malfaiteurs et tentative de contrefaçon de signes monétaires ayant cours légal, Oumar Kane a finalement été placé sous contrôle judiciaire.
Une décision qui ne correspond pas aux réquisitions du parquet. Le ministère public avait demandé le placement du lutteur en détention provisoire. Le parquet a décidé de contester l’ordonnance du magistrat instructeur en interjetant appel.
Avec ce recours, la décision sur la mesure de sûreté n’est plus définitive. La Chambre d’accusation sera appelée à examiner les arguments des différentes parties et à se prononcer sur le maintien du contrôle judiciaire ou sur une éventuelle modification de cette mesure.
Dans l’attente de cette décision, Reug Reug demeure sous contrôle judiciaire. Il doit notamment se présenter régulièrement devant le cabinet du juge pour émarger, à raison d’un passage tous les quinze jours.
À l’origine de cette procédure, un renseignement recueilli le 18 septembre par la Brigade de recherches de Dakar/Faidherbe. Les enquêteurs auraient ensuite mis en place une opération d’infiltration afin de remonter la piste d’un réseau présumé spécialisé dans le traitement de « billets noirs ».
L’opération aurait conduit à l’interpellation de plusieurs suspects le 24 septembre. Oumar Kane aurait été arrêté alors qu’il se trouvait à bord d’un véhicule de location dans lequel étaient transportés des supports présentés comme des coupures de 100 dollars.
Selon les éléments évoqués dans le dossier, la valeur nominale des coupures aurait été estimée à environ 830 millions de francs CFA. Le véhicule aurait également été saisi dans le cadre de la procédure.
Le lutteur n’est pas le seul mis en cause. Son oncle maternel, A. B. Ndiaye, ainsi que D. Faye, présenté comme un saltigué et préparateur mystique, sont également concernés par l’enquête.
Les investigations auraient par ailleurs permis de découvrir, au domicile d’un autre suspect, des caisses contenant des « billets noirs » ainsi que du matériel présenté comme du papier fiduciaire destiné à la fabrication de faux billets.
Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer l’origine exacte des supports et à identifier l’ensemble des personnes susceptibles d’être impliquées dans cette affaire. Un promoteur de courses hippiques, identifié par l’initiale S., serait notamment recherché à la suite de déclarations recueillies au cours de l’enquête.
Le recours du parquet ne constitue pas une condamnation et ne préjuge pas de la culpabilité du lutteur. Oumar Kane bénéficie de la présomption d’innocence tant qu’une décision judiciaire définitive n’a pas établi le contraire.