THIEYSENEGAL.com : Une nouvelle opération contre les filières de migration irrégulière vient d’être menée dans le sud du Sénégal. L’Antenne régionale de Ziguinchor de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a déféré au parquet, le 24 septembre 2026, plusieurs individus soupçonnés d’être impliqués dans la préparation d’une traversée clandestine vers les îles Canaries.
L’affaire remonte à la mi-septembre, lorsque les enquêteurs ont reçu des renseignements faisant état de la préparation d’un départ depuis Kafountine, avec un passage prévu par la Gambie avant une destination finale en Espagne.
Près de 190 candidats recensés
Selon les éléments recueillis dans le cadre de l’enquête, le projet devait concerner environ 190 candidats à la migration irrégulière. Parmi eux figuraient principalement des ressortissants du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée-Bissau.
Chaque candidat aurait été appelé à verser 400 000 francs CFA pour financer le voyage. Près de 140 personnes auraient été regroupées dans un appartement situé à Bara, en Gambie, tandis que les autres devaient rejoindre Kafountine avant leur acheminement vers le territoire gambien.
Les enquêteurs soupçonnent une organisation structurée opérant à cheval sur le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau. Les principaux initiateurs présumés seraient, selon les renseignements recueillis, issus d’une même famille.
Alertées sur l’imminence du départ, les équipes de la DNLT ont mis sous surveillance la pirogue destinée à la traversée. L’opération a été menée avec l’appui de la Haute Autorité chargée de la Coordination de la Sécurité maritime, de la Sûreté maritime et de la Protection de l’Environnement marin (HASSMAR).
Le 17 septembre, quatre capitaines ont été interceptés alors qu’ils tentaient, selon les enquêteurs, de déplacer discrètement l’embarcation en direction de la Gambie.
L’intervention a permis de saisir un moteur hors-bord ainsi que sept bidons de carburant de 60 litres, soit un total de 420 litres.
Le lendemain, le dispositif de surveillance a conduit à l’interpellation de trois autres individus présents à bord de la pirogue.
Les auditions ont permis aux enquêteurs d’approfondir leurs investigations sur les activités présumées de la filière. D’après les éléments recueillis, le réseau serait actif depuis 2023 et aurait déjà été impliqué dans plusieurs opérations de migration irrégulière.
Une première opération aurait été organisée en 2025 au départ de la Guinée-Bissau, avec l’acheminement de 205 candidats. Une autre tentative, préparée en Gambie en août 2026, aurait échoué.
Le projet de Kafountine aurait notamment visé à reprendre l’opération en mobilisant une partie des candidats concernés par la tentative précédente.
Au terme des investigations initiales, les personnes interpellées ont été conduites devant le parquet le 24 septembre 2026. Elles sont notamment visées pour des faits présumés d’association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants par voie maritime, complicité, mise en danger de la vie d’autrui et escroquerie en bande organisée.
À ce stade, les responsabilités individuelles doivent encore être déterminées par la procédure judiciaire.
Les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour identifier l’ensemble des membres présumés de la filière, préciser le rôle de chacun et localiser les principaux organisateurs qui seraient encore en fuite.
La Police invite enfin toute personne disposant d’informations susceptibles de contribuer au démantèlement de ces réseaux à contacter le 800 00 17 00.