Woyofal et délestages : Abdourahmane Diouf détaille les causes des perturbations et mise sur le gaz

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THIEYSENEGAL.com : Le débat sur la fourniture d’électricité et le fonctionnement du système Woyofal s’est invité au cœur de la conférence de presse du ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, tenue ce jeudi 1er octobre 2026. Face aux nombreuses interrogations des usagers, le ministre a livré des explications sur les difficultés rencontrées par le secteur et présenté les principaux chantiers engagés par l’État.

Woyofal : le gouvernement reconnaît des incompréhensions

Interpellé sur les récriminations concernant Woyofal, le ministre a reconnu l’existence d’un certain nombre d’incompréhensions autour du système de prépaiement de l’électricité.

Dr Abdourahmane Diouf a assuré que son département entend poursuivre, avec la Senelec, les actions d’information et de pédagogie afin de permettre aux consommateurs de mieux comprendre le fonctionnement du dispositif et les éléments qui déterminent leurs consommations.

Cette volonté d’explication intervient dans un contexte où le coût de l’électricité et les modalités de facturation constituent des sujets sensibles pour les ménages.

Des perturbations liées à plusieurs facteurs

S’agissant des coupures enregistrées au cours du mois de septembre, le ministre a distingué deux catégories de difficultés : les problèmes conjoncturels et les contraintes structurelles.

Selon ses explications, certaines perturbations sont liées à des pannes techniques survenues sur des équipements de production. Mais au-delà de ces incidents ponctuels, le secteur reste confronté à une contrainte plus profonde : la disponibilité des infrastructures nécessaires à l’utilisation du gaz dans la production électrique.

En attendant la pleine disponibilité de ces installations, Senelec doit continuer à recourir au gasoil pour faire fonctionner certaines unités. Or, selon le ministre, ce combustible représente un coût plus important que le gaz attendu.

Le pari du « Gas to Power »

Pour les autorités, la réponse à moyen terme passe donc par l’accélération des infrastructures gazières et des capacités de production.

Le chantier du Réseau gazier du Sénégal a notamment franchi une étape importante avec la pose, en septembre à Gandon, de la première canalisation du segment Nord. Long d’environ 85 kilomètres, ce tronçon doit relier progressivement les ressources gazières offshore aux infrastructures de production électrique. Sa capacité de transport est annoncée jusqu’à 300 millions de pieds cubes de gaz par jour.

La centrale de Ndar Energies à Gandon, développée avec le groupe turc Aksa Energy, constitue également l’un des projets majeurs de cette stratégie. Le chantier affichait un taux d’exécution de 85 % en septembre, avec une première mise en service annoncée vers la fin de 2026 et une finalisation complète prévue en 2027. Sa capacité annoncée est de 250 MW.

West African Energy également dans le viseur

Le ministre a par ailleurs évoqué les retards enregistrés au niveau de la centrale de West African Energy, tout en assurant que les efforts se poursuivent pour permettre son opérationnalisation dans les délais annoncés par le gouvernement.

Cette infrastructure occupe une place importante dans le dispositif électrique national. Les autorités veulent ainsi augmenter les capacités disponibles et réduire progressivement la dépendance aux combustibles liquides, à mesure que les infrastructures gazières deviennent opérationnelles.

Un secteur en pleine transition

Pour Abdourahmane Diouf, les difficultés actuelles doivent être replacées dans une phase de transformation du système énergétique sénégalais. La construction du réseau gazier, le développement de nouvelles capacités de production et l’exploitation progressive des ressources gazières nationales constituent, selon le gouvernement, les principaux leviers de cette transition.

Le ministre appelle ainsi les Sénégalais à considérer cette période comme une étape entre un système encore marqué par certaines contraintes et un modèle énergétique davantage fondé sur les ressources gazières du pays.

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