THIEYSENEGAL.com : L’affaire Modou F. Ngom connaît un nouveau tournant aux États-Unis. Le chauffeur routier de 50 ans a été reconnu coupable, le 25 septembre 2026, par un jury du comté de Delaware, dans l’Ohio, après le violent accident survenu le 11 avril dernier sur l’Interstate 71.
Le jury l’a déclaré coupable de trois chefs d’homicide aggravé au volant et de cinq chefs de blessures causées par un véhicule. Le prononcé de sa peine est prévu le 29 octobre 2026. Selon les autorités judiciaires citées par les médias locaux, il encourt jusqu’à 22 ans et demi de réclusion.
Le drame s’est produit le 11 avril 2026, vers 18 h 27, sur les voies nord de l’I-71, près de l’échangeur de l’US 36 et de la State Route 37, dans le comté de Delaware.
Au volant d’un semi-remorque Freightliner, Modou Ngom circulait dans une zone de travaux où la circulation était ralentie. Selon les premiers éléments de l’enquête de l’Ohio State Highway Patrol, le poids lourd n’aurait pas réussi à s’arrêter à temps avant de percuter plusieurs véhicules immobilisés. La collision en chaîne a impliqué neuf véhicules.
Trois membres d’une même famille, originaires d’Ashley, ont perdu la vie : Luke Soposki, 37 ans, son épouse Lynnea, 36 ans, et leur fils Logan, âgé d’un an. Trois autres personnes ont également été blessées dans l’accident.
Lors du procès, les enquêteurs ont notamment indiqué qu’aucun élément ne permettait d’établir qu’un autre véhicule s’était brusquement rabattu devant le camion. Ils ont également relevé l’absence de traces de freinage avant l’impact.
L’affaire a pris une dimension supplémentaire après les investigations menées par les autorités de l’Ohio sur le parcours administratif du chauffeur.
Après son arrestation, le Bureau des véhicules automobiles de l’Ohio et la police routière de l’État ont découvert des informations contradictoires dans les dossiers administratifs et fédéraux concernant son identité. D’après le département de la Sécurité publique de l’Ohio, Ngom serait arrivé aux États-Unis dans les années 1990 et aurait utilisé plusieurs noms ainsi que différentes dates de naissance pour obtenir des documents officiels.
Les enquêteurs affirment notamment qu’il aurait obtenu un permis de conduire de l’Ohio sous une autre identité vers 2003, puis un permis de conduire commercial en 2007. Il aurait ensuite été naturalisé citoyen américain au milieu des années 2010 sous cette identité alternative, avant de reprendre officiellement le nom de Modou Ngom en 2015.
Ces éléments ont été transmis aux services fédéraux chargés des questions d’immigration et de sécurité intérieure. Ils constituent toutefois un volet distinct du dossier pénal lié à l’accident de l’I-71.
Contrairement à certaines interrogations apparues autour de l’affaire, les condamnations prononcées contre Modou Ngom dans le dossier de l’I-71 ne relèvent pas de la peine de mort.
Les chefs pour lesquels le jury l’a reconnu coupable sont assortis de peines d’emprisonnement. À ce stade, la peine maximale annoncée pour l’ensemble des faits retenus contre lui est de 22 ans et demi de prison. La décision définitive appartient au juge lors de l’audience prévue le 29 octobre prochain.