Touba : poursuivi pour exercice illégal de la pharmacie, un homme de 57 ans invoque une autorisation du Khalife

0

THIEYSENEGAL.com : Le dossier d’un homme poursuivi pour exercice illégal de la pharmacie a été examiné devant le tribunal des flagrants délits de Diourbel. Interpellé à Touba avec plusieurs cartons de médicaments, le prévenu, déjà condamné pour des faits similaires, affirme avoir exercé pendant 31 ans avec une autorisation qu’il attribue au Khalife général des mourides.

Une nouvelle affaire d’exercice illégal de la pharmacie a été soumise au tribunal des flagrants délits de Diourbel. Âgé de 57 ans, T. Cissé a été interpellé à Touba par les gendarmes de la Brigade de proximité après plusieurs semaines de surveillance.

Lors de son arrestation, les enquêteurs ont découvert cinq cartons de médicaments dans son véhicule. Le prévenu a reconnu être le propriétaire des produits saisis.

Selon les éléments rapportés à l’audience, T. Cissé se présentait comme pharmacien depuis plusieurs décennies, alors qu’il ne disposerait ni d’un diplôme de pharmacien ni d’une autorisation administrative lui permettant d’exercer cette profession.

Le dossier prend une dimension particulière en raison des antécédents judiciaires du prévenu. Celui-ci avait déjà été condamné par le même tribunal, le 16 décembre 2025, pour des faits similaires.

À la barre, il a d’abord expliqué que les médicaments retrouvés dans son véhicule étaient destinés à un proche malade devant subir une intervention chirurgicale. Incapable toutefois de produire un document pour étayer cette version, il a finalement reconnu les avoir achetés au marché Ocass de Touba.

Interrogé sur son activité, le prévenu a livré une explication pour le moins inhabituelle. Il a soutenu avoir exercé pendant 31 ans à Touba avec l’autorisation du Khalife général des mourides, invoquant l’absence, à l’époque, d’officines pharmaceutiques dans la ville.

Il a néanmoins reconnu devant les juges ne pas avoir suivi de formation de pharmacien et ne pas disposer des compétences ni des prérogatives requises pour exercer cette profession.

Dans ses réquisitions, le procureur Papa Khalit Fall a insisté sur les conséquences potentielles de la vente ou de la délivrance de médicaments par des personnes non habilitées.

Le représentant du parquet a requis trois ans de prison ferme et 500 000 francs CFA d’amende contre le prévenu, estimant que l’absence de qualification constitue un risque pour la santé publique.

Constitué partie civile, le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal, représenté par Me Dabo, a dénoncé des faits qualifiés de « gravissimes » et présenté le prévenu comme un récidiviste. Le syndicat réclame 10 millions de francs CFA de dommages et intérêts.

La défense a, pour sa part, contesté certains éléments de la procédure. Elle a notamment soutenu que les éléments du dossier ne permettaient pas d’établir que les produits saisis étaient des faux médicaments.

Les avocats ont ainsi plaidé la requalification des faits, sollicitant la relaxe de leur client ou, à défaut, une application clémente de la loi.

L’affaire met une nouvelle fois en lumière les enjeux liés à l’exercice non autorisé de la pharmacie et à la circulation des médicaments en dehors du circuit légal. La décision du tribunal est attendue à l’issue de l’examen du dossier.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.