THIEYSENEGAL.com : Une attaque meurtrière visant l’aéroport international King Khalid de Ryad a fait 12 morts et 309 blessés, selon les autorités saoudiennes. La coalition militaire dirigée par Riyad accuse les rebelles houthis du Yémen et promet une réponse ferme, tandis que Washington n’exclut pas une intervention.
L’Arabie saoudite fait face à une nouvelle flambée de violences. Une attaque survenue samedi contre l’aéroport international King Khalid, dans la capitale, a coûté la vie à 12 personnes et blessé 309 autres, d’après le bilan communiqué dimanche par l’autorité saoudienne de l’aviation civile.
Parmi les personnes décédées figurent quatre Saoudiens et huit ressortissants étrangers, dont un Américain. Les victimes étrangères sont également de nationalités bangladaise, égyptienne, argentine, syrienne, palestinienne et soudanaise. Plusieurs blessés seraient dans un état grave.
La coalition militaire conduite par l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement reconnu internationalement au Yémen, a attribué cette attaque aux combattants houthis, soutenus par l’Iran. Elle a dénoncé un « crime de guerre » et annoncé qu’elle entendait réagir avec fermeté.
Ryad en état d’alerte après les frappes
L’attaque a entraîné la suspension des opérations à l’aéroport de la capitale. Les autorités saoudiennes ont également décidé de maintenir les cours à distance dans les établissements scolaires de Ryad pendant une semaine.
Les services de santé ont été mobilisés pour prendre en charge les victimes. Un passager interrogé par l’Agence France-Presse a décrit une scène de panique près du terminal touché, où les voyageurs tentaient de se mettre à l’abri.
La menace a également concerné d’autres infrastructures. La coalition a signalé la chute d’un projectile près de l’aéroport de Dammam, dans l’est du royaume, ainsi que l’interception d’un autre projectile au sud-est de Ryad. Plusieurs ambassades ont recommandé à leur personnel d’éviter l’aéroport de la capitale pendant une semaine.
La réaction américaine est particulièrement attendue. Le président Donald Trump a condamné les faits, affirmant que ce qui s’est produit en Arabie saoudite était inacceptable. Il a également annoncé son intention de s’entretenir avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume.
Interrogé sur une éventuelle participation des États-Unis à des frappes contre les Houthis, le président américain a indiqué que cette option était envisageable, sans annoncer de décision définitive.
De son côté, l’émissaire des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, a qualifié l’attaque de grave escalade. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a également condamné les frappes, dénonçant une menace pour les civils et les infrastructures essentielles.
L’attaque de samedi survient après plusieurs frappes revendiquées par les Houthis contre l’aéroport de Ryad au cours de la même semaine. Selon les informations rapportées, trois Saoudiens, dont un pilote, ont été tués jeudi. D’autres victimes, de nationalités égyptienne, algérienne et soudanaise, avaient été signalées mercredi.
La fréquence de ces attaques ravive les inquiétudes dans le royaume, alors que la guerre au Yémen oppose depuis plusieurs années les Houthis aux forces gouvernementales soutenues par une coalition menée par Riyad.
Cette dégradation sécuritaire intervient également à l’approche d’une importante conférence annuelle sur l’investissement organisée en Arabie saoudite, un rendez-vous qui attire des dirigeants étrangers et des responsables du monde des affaires.
Au Yémen, les affrontements se poursuivent autour du détroit de Bab el-Mandeb, passage maritime reliant la mer Rouge au golfe d’Aden. Cette voie stratégique est essentielle au commerce international et au transport des hydrocarbures.
Des sources militaires proches du gouvernement yéménite ont fait état de progrès contre les Houthis dans cette zone, sans toutefois confirmer une sécurisation complète du passage. Un responsable houthi, Hizam al-Asad, a pour sa part affirmé que ses forces conservaient le contrôle de l’île de Mayyoun et de plusieurs positions sur le littoral occidental.
Ces déclarations contradictoires n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.