THIEYSENEGAL.com : Le président de Pastef, Ousmane Sonko, s’oppose à l’adoption de la loi de finances rectificative (LFR) 2027 dans sa forme actuelle. Face à la presse, il a dénoncé un éloignement des engagements politiques de son parti, plaidé pour la préservation des subventions et appelé à replacer les préoccupations sociales au centre des décisions économiques.
Le débat sur les orientations budgétaires du Sénégal s’invite au cœur de la scène politique. Ousmane Sonko, président de Pastef et ancien Premier ministre, a exprimé son désaccord avec les choix économiques portés par l’exécutif, allant jusqu’à demander le rejet de la loi de finances rectificative (LFR) 2027.
Lors de sa déclaration devant la presse, le responsable politique a estimé que les orientations retenues ne correspondent plus suffisamment à la vision qu’il défend pour le pays. Il a notamment évoqué la consolidation budgétaire, les dépenses sociales et l’investissement, qu’il considère comme des leviers essentiels de la transformation économique.
Des divergences politiques autour de la ligne de Pastef
Ousmane Sonko est également revenu sur ses divergences avec le président de la République. Pour illustrer son désaccord, il a rappelé l’avertissement qu’il affirme avoir adressé au chef de l’État : « Il ne peut pas faire du Pastef sans Pastef. »
Le président de Pastef reproche ainsi à certains acteurs de l’entourage présidentiel de s’écarter, selon lui, des principes et des orientations qui ont fondé le projet politique du parti.
Cette critique concerne également l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050. Ousmane Sonko estime que les choix budgétaires actuels ne sont plus suffisamment alignés sur les ambitions affichées dans ce programme de transformation.
Au-delà des divergences politiques, sa prise de position soulève la question de la cohérence entre les engagements annoncés, les arbitrages financiers et les mesures effectivement retenues dans le budget de l’État.
Le FMI au centre du débat économique
Sur les relations avec le Fonds monétaire international (FMI), Ousmane Sonko a défendu une approche qu’il présente comme fondée sur le partenariat, mais aussi sur la préservation de la souveraineté économique du Sénégal.
« Nous n’avons rien contre le FMI, ce sont des partenaires », a-t-il déclaré. Il estime toutefois que le pays ne doit pas dépendre exclusivement des orientations de l’institution financière internationale ni appliquer ses recommandations sans tenir compte de ses propres priorités.
Le responsable politique a particulièrement insisté sur la question des subventions, notamment celles accordées aux produits pétroliers. À ses yeux, leur maintien contribue à limiter les répercussions des variations de prix sur les ménages et à protéger leur pouvoir d’achat.
Il soutient également qu’une augmentation des prix des produits pétroliers n’est pas systématiquement indispensable et que les décisions économiques doivent être évaluées à l’aune de leurs conséquences sur les conditions de vie des populations.
Un appel ferme contre l’adoption de la LFR 2027
C’est sur la loi de finances rectificative que le président de Pastef a formulé sa position la plus tranchée. « Cette loi de finances ne doit pas être votée », a-t-il lancé, mettant en garde contre les conséquences sociales qu’il associe aux choix budgétaires contestés.
Pour Ousmane Sonko, approuver le texte reviendrait à cautionner des décisions susceptibles, selon lui, d’aggraver les difficultés des Sénégalais.
Cette sortie place la LFR 2027 au centre d’un débat qui mêle orientations économiques, protection du pouvoir d’achat et divergences politiques au sommet de l’État. La suite des discussions devra permettre de préciser les arbitrages budgétaires contestés et les positions qui seront défendues lors de l’examen du texte.