Dalal Jamm : une affaire présumée de troc de médicaments soulève des interrogations sur leur traçabilité
THIEYSENEGAL.com : Un dossier portant sur un possible échange irrégulier de médicaments au Centre hospitalier national Dalal Jamm, à Guédiawaye, suscite des interrogations sur la gestion et la traçabilité des produits pharmaceutiques au sein de l’établissement. Selon L’Observateur, l’affaire concerne 300 ampoules de midazolam injectable, dont la restitution à leur apporteur est au cœur des préoccupations de l’ancien responsable de la pharmacie hospitalière.
Le Pr Ahmadou Bamba Kouéimel Fall, ancien chef du service de la pharmacie de l’hôpital, souhaite que toute la lumière soit faite sur ce dossier. Il affirme s’être opposé à une opération qu’il considère comme un possible trafic de médicaments.
300 ampoules de midazolam au centre du dossier
Les produits concernés ont été apportés le 22 septembre 2025 par un individu identifié sous les initiales J. M. Faye. Il s’agirait de 300 ampoules de midazolam injectable, réparties dans 30 boîtes et présentées comme étant proches de leur date de péremption.
L’opération envisagée aurait consisté à échanger ces médicaments contre d’autres produits pharmaceutiques encore commercialisables. La valeur potentielle de cet échange est estimée à 790 440 FCFA, sur la base des prix pratiqués dans le secteur privé.
Le Pr Fall affirme avoir refusé cette proposition et demandé la conservation provisoire des produits, dans l’attente d’une décision sur leur sort. Toutefois, selon son témoignage rapporté par le journal, les ampoules auraient été restituées à leur apporteur quatre jours après leur arrivée à l’hôpital.
L’ancien responsable réclame des éclaircissements
Cette restitution constitue l’un des principaux points de préoccupation soulevés par l’ancien chef du service de pharmacie. Il redoute notamment une éventuelle disparition des éléments susceptibles d’éclairer les circonstances de l’opération et s’interroge sur le devenir des médicaments après leur sortie de l’établissement.
Il évoque également le risque que ces produits puissent réintégrer des circuits de distribution non autorisés. À ce stade, les informations disponibles ne permettent toutefois pas d’établir que les ampoules ont effectivement été revendues ou réintroduites dans un circuit parallèle.
L’enjeu est donc de déterminer les conditions dans lesquelles ces médicaments ont été introduits dans l’hôpital, les décisions prises à leur sujet et les raisons de leur restitution.
Dès octobre 2025, le Pr Fall avait annoncé son intention de saisir la Division des investigations criminelles (DIC). Il aurait également alerté l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP) et entrepris des démarches auprès de l’Ordre des pharmaciens ainsi que du syndicat professionnel concerné.
L’ancien responsable souhaite que des investigations permettent d’établir les responsabilités éventuelles et de clarifier la chaîne de décision dans cette affaire.