LFR 2026 : Aïssata Tall Sall accuse Pastef de vouloir échapper au bilan de son propre budget

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THIEYSENEGAL.com : La présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, Me Aïssata Tall Sall, a vivement interpellé la majorité Pastef sur son rejet de la loi de finances rectificative (LFR) 2026. Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 5 novembre à l’Assemblée nationale, elle a dénoncé une contradiction entre le vote de la loi de finances initiale en décembre 2025 et la position actuelle des députés de la majorité.

La bataille autour de la loi de finances rectificative (LFR) 2026 se poursuit sur le terrain politique. Cette fois, c’est Me Aïssata Tall Sall qui est montée au créneau pour mettre la majorité parlementaire face à ce qu’elle considère comme ses propres contradictions.

Face à la presse, la présidente du groupe Takku Wallu Sénégal a rappelé que le budget rectificatif rejeté par les députés de Pastef découle directement de la loi de finances initiale (LFI) adoptée par cette même majorité en décembre 2025.

Pour l’ancienne ministre de la Justice, il est incohérent de désavouer aujourd’hui un document budgétaire dont les difficultés trouvent leur origine dans les choix effectués lors de l’adoption du budget initial. « Cette LFR que vous rejetez est née d’une tare congénitale, celle de la LFI que vous avez vous-mêmes votée », a-t-elle lancé.

Me Tall Sall est également revenue sur les débats qui avaient précédé l’adoption de la LFI. Elle affirme que les députés de l’opposition avaient alors alerté sur les insuffisances et le manque de sincérité du budget, mais s’étaient heurtés aux critiques de la majorité, qui les accusait notamment de ne pas défendre les intérêts du Sénégal.

Elle juge donc paradoxal que les mêmes arguments soient désormais avancés par les députés de Pastef pour justifier leur rejet de la LFR. « Cette même majorité revient nous dire que le budget n’est pas sincère. Mais de qui se moque-t-on ? », s’est-elle interrogée.

La majorité accusée d’avoir évité le débat

Dans son argumentaire, la parlementaire a également pointé du doigt la responsabilité du gouvernement dirigé par Ousmane Sonko, estimant que la majorité ne peut se désolidariser des orientations budgétaires qu’elle a elle-même approuvées.

Elle a notamment souligné que le ministre des Finances, en fonction lors de l’adoption du budget initial, est toujours en poste. Une continuité gouvernementale qui, selon elle, rend difficile toute tentative de faire porter exclusivement au gouvernement la responsabilité des difficultés révélées par la LFR.

Pour illustrer cette relation entre les deux textes, Aïssata Tall Sall a utilisé une métaphore photographique : la LFI serait le négatif, tandis que la LFR jouerait le rôle du révélateur, faisant apparaître les réalités économiques et financières du pays.

La présidente de Takku Wallu Sénégal a par ailleurs critiqué le recours à la question préalable, adoptée le 3 novembre par 109 voix contre 20, avec trois abstentions. Selon elle, cette procédure, fondée sur les articles 83 et 85 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, a empêché un véritable débat parlementaire sur le fond du texte.

Elle estime que cette démarche a permis à la majorité d’éviter des explications sur les choix budgétaires qu’elle avait défendus quelques mois auparavant.

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