Migration irrégulière : les départs depuis les côtes sénégalaises alimentent une nouvelle vague d’arrivées aux Canaries
THIEYSENEGAL.com : La route migratoire atlantique connaît une nouvelle accélération. En l’espace de trois jours, plus de 2 000 migrants ont rejoint l’archipel espagnol des Canaries à bord de plusieurs embarcations de fortune. Parmi les principaux points de départ cités figurent Saint-Louis, Mbour et Kafountine, sur le littoral sénégalais.
Selon les informations rapportées par la presse espagnole, notamment elDiario.es, plus de 3 200 personnes ont débarqué aux Canaries au cours des cinq premiers jours de novembre 2026. Ces arrivées, réparties entre 39 embarcations, témoignent d’une intensification des traversées sur cette voie migratoire, à un niveau qui n’avait plus été observé depuis 2024.
Les opérations de secours ont commencé dès le mardi 3 novembre. Les services espagnols de sauvetage maritime ont porté assistance à sept embarcations transportant au total 763 personnes. Parmi les passagers figuraient des ressortissants sénégalais, gambiens, maliens, guinéens et bissau-guinéens. Une pirogue transportant 69 Sénégalais, dont des femmes et des enfants, aurait quitté Saint-Louis cinq jours auparavant, selon les déclarations recueillies auprès des occupants.
Le lendemain, mercredi 4 novembre, quatre autres embarcations ont atteint l’île d’El Hierro. Elles transportaient respectivement 111, 125, 115 et 26 personnes. Plusieurs dizaines de femmes et d’enfants figuraient parmi les passagers. Les témoignages recueillis indiquent que la majorité de ces départs ont été effectués depuis les côtes sénégalaises, notamment à Saint-Louis, Mbour et Kafountine.
La situation est restée particulièrement tendue jeudi 5 novembre. D’après l’agence espagnole EFE, 901 migrants, dont au moins 25 mineurs, ont rejoint les Canaries à bord de neuf embarcations. Plusieurs opérations de sauvetage ont été menées au large d’El Hierro, où deux pirogues transportant respectivement 207 et 194 personnes ont notamment été secourues. D’autres arrivées ont été enregistrées à La Gomera, Lanzarote et Gran Canaria.
Cet afflux exerce une pression supplémentaire sur les dispositifs d’accueil espagnols. À El Hierro, les migrants sont pris en charge au débarquement avant leur transfert vers des structures d’hébergement temporaire. Face à la saturation des capacités locales, les autorités ont également mobilisé des ferries pour faciliter leur transfert vers d’autres sites de prise en charge. Les syndicats de police alertent, de leur côté, sur les conditions de travail difficiles des agents mobilisés.
Cette recrudescence intervient après un mois d’octobre particulièrement chargé. Les données du ministère espagnol de l’Intérieur font état de 6 194 arrivées aux Canaries durant ce mois, réparties sur 65 embarcations. Depuis le début de l’année, 13 327 migrants ont rejoint l’archipel, contre 14 099 à la même période en 2025.
Sur le plan diplomatique, Madrid tente de renforcer la coopération avec les pays de départ et de transit. Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, s’est rendu à Nouakchott le 3 novembre pour échanger avec les autorités mauritaniennes sur les moyens de lutter contre les départs irréguliers. Des unités de la Guardia Civil sont notamment déployées à Nouadhibou dans le cadre de missions de surveillance maritime.
Au Sénégal, la pression sécuritaire se maintient également sur le littoral. Le 2 novembre, la gendarmerie a interpellé 24 candidats à l’émigration irrégulière dans la commune de Ndiébène Gandiol. Originaires de Kafountine, ils auraient été interceptés alors qu’ils étaient susceptibles de prendre part à une tentative de départ.