Contentieux entre Bocar Samba Dièye et la CBAO : l’ACSIF interpelle Diomaye Faye et Sonko pour une intervention de l’État
THIEYSENEGAL.com : L’Association des clients et sociétaires des institutions financières africaines (ACSIF) est montée au créneau dans le dossier opposant depuis plusieurs années l’homme d’affaires Bocar Samba Dièye à la CBAO. Lors d’une conférence de presse tenue vendredi 24 juillet 2026 à Dakar, son président, Famara Ibrahima Cissé, a appelé le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre, Ousmane Sonko, à intervenir afin que, selon lui, « justice soit faite ».
Selon l’ACSIF, ce différend judiciaire et financier, ouvert depuis 2008, porte sur un montant supérieur à 11 milliards de FCFA. Au cœur du litige figure une traite de 5,658 milliards de FCFA que la banque affirme avoir réglée pour le compte de Bocar Samba Dièye. Une version catégoriquement contestée par l’association.
Face à la presse, Famara Ibrahima Cissé a soutenu que cette traite n’aurait jamais existé et qu’aucun élément ne permettrait d’en établir la réalité. Il estime, dès lors, que les opérations financières contestées reposeraient sur un fondement inexistant.
Le président de l’ACSIF s’est également appuyé sur une expertise financière réalisée dans le cadre de la procédure judiciaire. Selon lui, ce rapport conclut que la CBAO serait débitrice envers Bocar Samba Dièye. Il affirme que l’expert recommande notamment la restitution de 2,006 milliards de FCFA d’agios jugés indûment prélevés, de 390 millions de FCFA d’intérêts supplémentaires, ainsi que des 5,658 milliards de FCFA débités du compte de l’opérateur économique.
Pour Famara Ibrahima Cissé, cette expertise constituerait le seul rapport homologué dans cette affaire et devrait servir de référence dans l’appréciation du dossier. Il s’est dit surpris que des procédures de saisie puissent, selon lui, se poursuivre malgré ces conclusions.
L’ACSIF affirme également que plusieurs décisions favorables à Bocar Samba Dièye auraient par la suite été cassées, plaçant aujourd’hui la banque en position de poursuivre les procédures de saisie sur les biens de l’homme d’affaires.
Estimant que cette situation porte atteinte aux droits de Bocar Samba Dièye, âgé de plus de 90 ans, l’association demande une implication des plus hautes autorités de l’État. Elle appelle le chef de l’État et le Premier ministre à veiller au respect des décisions de justice et à garantir, selon ses termes, la protection des biens de l’opérateur économique.