Hôpital Abass Ndao : trois prévenues jugées après la mort atroce d’un prématuré

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THIEYSENEGAL.com : Le tribunal correctionnel de Dakar s’est penché sur une affaire particulièrement tragique survenue à l’Hôpital Abass Ndao en juillet 2023. Trois femmes, deux infirmières et une buandière, sont poursuivies pour homicide involontaire après la découverte des restes d’un nourrisson dans une machine à laver de l’établissement.

À l’issue des débats, le parquet a requis des peines différentes à l’encontre des trois prévenues. Le ministère public a demandé six mois d’emprisonnement ferme contre Ndèye Birame Sylla, assortis d’une amende de 500 000 francs CFA, ainsi qu’une amende de 200 000 francs CFA contre Astou Diène. Pour Rose Niang Diop, le parquet s’en est remis à l’appréciation du tribunal.

Une succession de négligences présumées

D’après les éléments évoqués à l’audience, le nourrisson était un bébé prématuré pris en charge dans la salle Kangourou du service de néonatologie.

Ndèye Birame Sylla, qui assurait une garde de nuit, aurait, au moment de la collecte du linge, placé par inadvertance le nouveau-né dans un lot de draps avant de le déposer dans un sac destiné à la buanderie.

Le sac aurait ensuite été récupéré par Rose Niang Diop puis déposé à proximité de la buanderie. Astou Diène, chargée du traitement du linge, l’aurait finalement introduit dans la machine sans procéder à une vérification préalable.

C’est au cours du lavage que le drame aurait été découvert, les restes du nourrisson ayant été retrouvés dans la machine.

Les explications des prévenues à la barre

Interrogée par le tribunal, Astou Diène a expliqué qu’elle avait trouvé le sac à son arrivée à l’hôpital, vers 7 h 30. Elle a affirmé l’avoir simplement récupéré avant de le placer dans la machine.

La prévenue a également expliqué qu’une vérification systématique des objets enveloppés dans les draps n’était pas effectuée, compte tenu du fait qu’il s’agissait de linge provenant de l’espace réservé aux bébés.

Les investigations menées après les faits ont conduit à la mise en cause des deux infirmières et de la buandière pour homicide involontaire.

Le père réclame justice

À la barre, Jean François Kouderin, père du nourrisson, a livré le récit des derniers moments passés avec son enfant. Selon son témoignage rapporté à l’audience, le bébé avait d’abord été admis en pédiatrie avant d’être transféré dans la salle Kangourou.

Le père a indiqué que ce transfert correspondait à la dernière fois où lui et son épouse avaient vu leur enfant vivant. Après le décès du nourrisson, la famille aurait ensuite été informée de la découverte d’un bébé dans une machine à laver de l’hôpital.

Constituée partie civile, la famille réclame 100 millions de francs CFA au titre des dommages et intérêts. Son avocat, Me Mamadou Diaw, a insisté sur la nécessité d’établir les responsabilités dans cette affaire et de tirer les conséquences des manquements relevés au cours de la procédure.

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