Bracelets électroniques : l’enquête du Pool judiciaire financier franchit un nouveau cap

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THIEYSENEGAL.com : L’enquête sur le marché des bracelets électroniques, estimé à plus de 11 milliards de francs CFA, prend une nouvelle dimension. Moussa Seydi, ancien directeur des Finances, du Budget, du Matériel et des Infrastructures pénitentiaires, a de nouveau été entendu par les juges du Pool judiciaire financier. Dans le même dossier, un fournisseur a été placé sous mandat de dépôt pour complicité présumée de détournement de deniers publics.

Le dossier des bracelets électroniques destinés à l’Administration pénitentiaire continue de livrer de nouveaux éléments. Selon L’Observateur, Moussa Seydi, actuellement détenu dans le cadre de cette procédure, a été extrait de sa cellule pour comparaître devant le collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier.

Au cours de son audition, l’ancien responsable pénitentiaire aurait maintenu sa position. Il rejette les faits qui lui sont reprochés et soutient que les dépenses liées notamment à la formation, à la maintenance et aux différentes prestations prévues dans les contrats auraient été exécutées conformément aux procédures.

À l’issue de son audition, il a été reconduit en détention.

Un fournisseur placé sous mandat de dépôt

L’instruction connaît également un nouveau développement avec le placement sous mandat de dépôt d’un fournisseur convoqué par les enquêteurs, rapporte le quotidien du Groupe futurs médias.

La personne concernée est poursuivie pour complicité présumée de détournement de deniers publics, dans le cadre des investigations portant sur l’exécution des marchés de bracelets électroniques.

Cette nouvelle mesure judiciaire élargit ainsi le champ des responsabilités recherchées par les enquêteurs, alors que plusieurs protagonistes sont désormais concernés par la procédure.

Cinq chefs d’inculpation retenus contre Moussa Seydi

Le réquisitoire introductif du procureur financier vise Moussa Seydi sur plusieurs chefs d’accusation. Il lui est notamment reproché un détournement présumé de deniers publics portant sur plus de 5 milliards de FCFA, ainsi qu’une escroquerie présumée sur deniers publics de plus de 3 milliards de FCFA.

Le dossier comporte également des accusations de faux en écriture publique authentique, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux.

Parmi les opérations examinées figure notamment une avance de démarrage de 1 377 900 000 FCFA, ainsi qu’un montant de 3 633 188 987 FCFA présenté dans la procédure comme un « différentiel inexpliqué ».

La défense conteste cependant l’ensemble de ces griefs. Elle estime que les éléments réunis contre son client ne permettent pas, à ce stade, d’établir les infractions qui lui sont reprochées.

L’affaire porte sur deux contrats conclus entre le ministère de la Justice et la société Colombe Cyber Defense Operations Center, dirigée par El Hadji Gora Diop Guèye.

Le premier marché, conclu en 2020, s’élevait à environ 6,88 milliards de FCFA et concernait la fourniture de 1 000 bracelets électroniques.

Trois ans plus tard, un second contrat d’un montant de 5,34 milliards de FCFA aurait été conclu pour une quantité équivalente de dispositifs.

C’est l’exécution de ces marchés qui se trouve aujourd’hui au cœur des investigations financières.

Les investigations auraient notamment permis de relever que l’intégralité des bracelets prévus dans les contrats n’a pas été réceptionnée par l’Administration pénitentiaire.

Plus préoccupant encore, parmi les équipements effectivement livrés, 214 bracelets auraient présenté des défaillances techniques.

Ces constatations alimentent les interrogations des enquêteurs sur les conditions de passation, d’exécution et de règlement des différents marchés.

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