Commission d’enquête sur « Un étudiant, un ordinateur » : Cheikh Oumar Hann justifie son absence et réclame un contrôle équitable

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THIEYSENEGAL.com : Convoqué par la commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner le programme « Un étudiant, un ordinateur », l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur Cheikh Oumar Hann a décidé de ne pas se présenter à son audition. Dans une lettre adressée au président de la commission, il dénonce ce qu’il considère comme un manque d’impartialité et appelle à un examen plus large de la gestion des affaires publiques.

Le dossier du programme « Un étudiant, un ordinateur » connaît un nouvel épisode. Cheikh Oumar Hann, ancien ministre de l’Enseignement supérieur et député, a choisi de ne pas répondre à la convocation de la commission d’enquête parlementaire prévue ce vendredi.

Dans un courrier adressé au président de cette instance, l’ancien responsable gouvernemental expose les raisons de sa décision. Il affirme ne pas rejeter le principe du contrôle parlementaire, mais conteste les conditions dans lesquelles les investigations sont menées. Selon lui, une commission d’enquête doit garantir l’impartialité de ses membres et éviter toute démarche assimilable à un règlement de comptes politiques.

Pour justifier sa position, Cheikh Oumar Hann met en cause le comportement de certains parlementaires. Il évoque notamment un incident survenu à l’Assemblée nationale en 2022, au cours duquel un membre de la commission aurait, selon ses accusations, arraché l’urne de vote dans l’hémicycle.

L’ancien ministre reproche également à certains élus d’avoir qualifié l’ancien président de la République de criminel et des membres de son gouvernement de voleurs, sans qu’une décision de justice ait établi ces faits.

À ses yeux, de tels propos sont incompatibles avec l’exigence de neutralité qu’il estime nécessaire au fonctionnement d’une commission d’enquête. Ces accusations relèvent toutefois de ses déclarations et n’ont pas été établies de manière indépendante dans les éléments disponibles.

« Non à un procès en sorcellerie »

Dans sa lettre, l’ancien ministre rappelle les différentes fonctions qu’il dit avoir exercées au cours de sa carrière : cinq années au gouvernement, douze ans à la tête d’une direction générale, deux mandats de député, douze années comme maire et plus de trente ans dans le milieu universitaire.

Il présente ce parcours comme la preuve de son attachement aux institutions et au contrôle de l’action publique. Il estime néanmoins que les investigations parlementaires ne doivent pas cibler exclusivement les anciens responsables, mais s’inscrire dans une démarche générale de transparence.

Cheikh Oumar Hann invite ainsi la majorité parlementaire à examiner également plusieurs dossiers qu’il considère comme importants. Il cite notamment les dépenses de l’Assemblée nationale et l’acquisition de ses véhicules, les cinq milliards de francs CFA annoncés pour les victimes des événements de 2021 à 2024, ainsi que les huit milliards de FCFA destinés aux sinistrés de Bakel, Matam et Podor.

Il mentionne aussi le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), associé dans ses déclarations à un montant de 37 milliards de FCFA, ainsi que le fonds Jamm pour la Casamance. Les montants et les circonstances de ces différents dossiers nécessitent toutefois d’être examinés à partir de leurs documents respectifs.

Concernant directement le programme « Un étudiant, un ordinateur », Cheikh Oumar Hann soutient que la convention de partenariat et les procédures déjà disponibles devraient permettre aux députés d’obtenir des éléments de réponse.

La commission parlementaire cherche, pour sa part, à examiner les conditions de mise en œuvre du programme et les responsabilités éventuelles liées à sa gestion. L’absence de l’ancien ministre prive les enquêteurs de ses explications directes lors de cette audition, sans préjuger des autres moyens dont ils disposent pour poursuivre leurs travaux.

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