Maroc : des familles sénégalaises dénoncent de longues détentions et demandent le retour des prisonniers
THIEYSENEGAL.com : La situation de plusieurs ressortissants sénégalais détenus au Maroc pour des faits liés à l’émigration irrégulière suscite l’inquiétude de leurs familles. Réunis au sein d’un collectif regroupant plus de 80 familles, les proches des détenus demandent l’application de la convention judiciaire entre le Sénégal et le Maroc ainsi que le transfèrement des prisonniers vers le Sénégal.
Selon les témoignages rapportés par Libération, plusieurs détenus auraient été condamnés à de lourdes peines, allant jusqu’à la réclusion à perpétuité.
Seynabou Dieng affirme ainsi que son époux, Assane Gaye, ainsi que le frère de celui-ci, Moussa Fall, purgent depuis deux ans une peine de « prison à perpétuité ». Face à cette situation, elle dit avoir été confrontée à d’importantes difficultés personnelles et financières.
D’autres familles évoquent également des condamnations de longue durée. Ndeye Khady Sow indique notamment que son fils Mohamed Niang, interpellé le 9 octobre 2023, a été condamné à dix ans de prison.
À Kaolack, Idrissa Thiam rapporte le cas de son neveu, El Hadji Maguette Guèye. Selon son témoignage, ce dernier aurait apporté une assistance technique à l’équipage d’une pirogue après une panne du moteur. Il aurait ensuite été présenté comme convoyeur par les autorités marocaines et condamné à dix ans de détention.
Le collectif fait état d’autres situations similaires. Rouguiatou Baldé affirme notamment être restée pendant près d’un an sans nouvelles de son frère, Mohamed Diop, avant d’apprendre sa détention au Maroc. Adama Mbengue, président du collectif, cite également le cas de son fils, le lutteur Amanékh 2, condamné à dix ans de prison.
Au-delà des procédures judiciaires, les familles dénoncent les conséquences sociales et économiques de ces détentions. Certaines affirment avoir été confrontées à des demandes financières importantes dans l’espoir d’obtenir la libération de leurs proches.
Face à ce qu’elles considèrent comme une situation devenue préoccupante, les familles interpellent le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Elles sollicitent l’intervention des autorités sénégalaises auprès de leurs homologues marocaines afin de faciliter l’application de la convention de transfèrement et permettre aux détenus concernés de purger, lorsque les conditions juridiques le permettent, leur peine au Sénégal.