THIEYSENEGAL.com : La fouille à nu ne doit plus constituer une étape systématique lors de l’admission des détenus dans les établissements pénitentiaires sénégalais. Une note de service du directeur général de l’Administration pénitentiaire, l’inspecteur Aliou Ciss, fixe de nouvelles orientations pour encadrer les opérations de fouille et renforcer la protection de la dignité des personnes détenues.
Cette décision intervient dans le cadre d’une volonté affichée de mieux prendre en compte les droits humains en milieu carcéral. Les contrôles de sécurité restent néanmoins maintenus afin de prévenir l’introduction d’objets ou de produits interdits dans les prisons.
La fouille à nu réservée aux situations exceptionnelles
À leur arrivée en détention, les nouveaux pensionnaires ne devront plus faire l’objet d’une fouille à nu de manière automatique. Lorsque les circonstances nécessitent un contrôle, celui-ci doit être effectué en laissant le sous-vêtement du détenu.
Une fouille intégrale ne pourra être envisagée qu’en dernier recours. Elle devra notamment être justifiée par une « présomption précise d’infraction » ou par un « risque avéré pour la sécurité », lorsque la palpation avec le sous-vêtement ne permet pas de lever les doutes.
Des espaces individuels pour les opérations
La nouvelle directive prévoit également une meilleure organisation des fouilles. Les responsables des établissements pénitentiaires sont appelés à désigner un cadre chargé de superviser ces opérations et à aménager des locaux ou des box individuels destinés aux contrôles.
L’objectif est de permettre aux agents d’effectuer leur mission dans des conditions garantissant à la fois la sécurité de l’établissement et le respect de l’intimité des personnes détenues.
Le respect de la dignité au cœur du dispositif
Le directeur général rappelle que toute fouille doit être réalisée avec tact et sans brutalité. Les agents doivent veiller au respect de la dignité du détenu, tandis que les opérations doivent être conduites par un personnel pénitentiaire du même sexe que la personne contrôlée.
Ces nouvelles dispositions s’appuient notamment sur les articles 135 et 177 du décret n°2001-362 du 4 mai 2001 et sur les principes énoncés dans les Règles Nelson Mandela des Nations unies.
La réforme cherche ainsi à maintenir les exigences de sécurité propres au milieu carcéral tout en limitant les pratiques susceptibles de porter atteinte à la dignité des détenus. Elle prend effet dès la date de signature de la note de service.

