Transparence : plusieurs responsables de la Présidence et du parapublic signalés comme défaillants par l’OFNAC
THIEYSENEGAL.com : L’Office national de lutte contre la Corruption (OFNAC) poursuit le suivi des obligations de déclaration de patrimoine. Dans sa mise à jour des personnes assujetties, plusieurs responsables rattachés à la Présidence de la République et à différentes structures publiques apparaissent comme n’ayant pas encore régularisé leur situation déclarative.
La question de la transparence dans la gestion des affaires publiques revient au premier plan. À travers le suivi des déclarations de patrimoine, l’OFNAC identifie les personnes soumises à cette obligation et actualise les situations de celles qui ne sont pas encore en conformité.
Parmi les personnalités citées dans le document figurent Fatou Isidora Mara, représentante personnelle du chef de l’État auprès de la Francophonie, Abdoulaye Bathily, envoyé spécial, ainsi que Mamadou Ndiaye, chef du service du protocole présidentiel.
La liste concerne également plusieurs responsables administratifs et financiers évoluant au sein d’organismes publics et d’autorités de régulation.
Le suivi de l’OFNAC s’étend à plusieurs organismes intervenant dans des secteurs stratégiques de l’État. Des responsables de la Commission de protection des données personnelles (CDP), du Comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (CN-ITIE) et de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) figurent ainsi parmi les assujettis dont la situation est signalée.
Le secteur parapublic n’échappe pas non plus à cette opération de suivi. À l’APIX-SA, des fonctions relevant notamment de la direction générale adjointe et de la direction administrative et financière sont mentionnées. Des postes à responsabilités financières ou comptables apparaissent également au FONSIS, à la SOGEPA et à la HASSMAR.
D’autres structures sont concernées, notamment le Centre des hautes études de défense et de sécurité (CHEDS), certains services de l’intendance et du secteur financier du Palais, la DER/FJ ainsi que le Haut Conseil du Dialogue social.
Une obligation légale, pas une accusation de corruption
La déclaration de patrimoine constitue un mécanisme de prévention de la corruption et de suivi de l’évolution des biens des responsables publics. L’OFNAC indique que son Département Déclaration de Patrimoine est chargé de recevoir, contrôler et conserver les déclarations des personnes assujetties.
Le cadre juridique a été renforcé par la loi n° 2024-07 du 9 février 2024, qui prévoit notamment la publication et l’actualisation des listes des assujettis en règle et des assujettis défaillants.
La nouvelle législation relative à la déclaration de patrimoine est également encadrée par la loi n° 2025-13, disponible dans la documentation officielle de l’OFNAC, ainsi que par son décret d’application.
Il est donc important de distinguer défaut ou retard de déclaration et faits de corruption ou d’enrichissement illicite. La présence d’un nom sur une liste de personnes défaillantes signifie que l’obligation déclarative n’a pas été satisfaite dans les délais ou conditions prévus ; elle ne constitue pas, à elle seule, une preuve d’un détournement ou d’un enrichissement illicite.
À travers ce dispositif, l’OFNAC entend renforcer la culture de la redevabilité et rappeler que les obligations de transparence s’appliquent aux responsables concernés, quel que soit leur niveau de responsabilité ou la structure à laquelle ils sont rattachés.
L’enjeu est désormais celui de la régularisation des situations signalées et du respect effectif des règles destinées à renforcer la transparence dans la gestion publique.
