Yakaar-Teranga : la diaspora réclame des explications sur les milliards évoqués lors de la DPG

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THIEYSENEGAL.com : Le dossier Yakaar-Teranga s’installe au cœur du débat sur la gestion des ressources naturelles au Sénégal. Après les révélations du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô devant l’Assemblée nationale, le Réseau des Sénégalais de la diaspora (RSD) demande que toute la lumière soit faite sur les conditions du retrait de Kosmos Energy et sur les sommes qui auraient pu revenir à l’État.

Lors de sa Déclaration de politique générale, le 8 septembre, le chef du gouvernement avait fait état de « manquements à corriger » dans la gestion du retrait de la compagnie américaine du bloc gazier situé au large de Cayar. Il avait notamment évoqué des indemnités estimées à 55 millions de dollars, soit environ 30 milliards de francs CFA, qui auraient dû revenir à l’État à l’expiration du contrat en juillet 2026.

Cette déclaration a depuis provoqué une vive controverse. Le RSD, depuis l’Italie, s’invite à son tour dans le débat et réclame des explications documentées sur la gestion de ce dossier stratégique.

La diaspora veut comprendre les conditions du retrait

Dans son communiqué, l’organisation s’interroge notamment sur le choix d’un retrait avant l’échéance du contrat. Elle demande pourquoi l’État n’aurait pas attendu l’expiration prévue en juillet 2026, alors que cette échéance pouvait, selon les éléments avancés par le Premier ministre, ouvrir la voie au recouvrement d’indemnités.

Le réseau souhaite également connaître les fondements juridiques et techniques ayant encadré les décisions prises dans le cadre du retrait de Kosmos Energy.

Ces interrogations interviennent alors que l’ancien directeur général de PETROSEN, Alioune Guèye, a contesté l’interprétation selon laquelle l’État serait titulaire d’une créance de 55 millions de dollars. Dans un droit de réponse publié le 10 septembre, il affirme qu’un engagement minimum de dépenses ne constitue pas automatiquement une créance exigible et détaille sa propre chronologie des négociations avec Kosmos.

Sonko et Birame Soulèye Diop cités dans les interrogations

Le RSD souhaite par ailleurs que soient clarifiés les rôles joués par les responsables politiques et administratifs impliqués dans le processus, notamment l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko et l’ancien ministre du Pétrole et des Énergies Birame Soulèye Diop.

En avril 2026, Ousmane Sonko avait annoncé le retrait de Kosmos Energy et de PETROSEN de la licence Yakaar-Teranga, en présentant l’accord comme conclu « sans aucune contrepartie financière » pour le Sénégal.

La controverse actuelle porte donc sur la nature exacte des sommes évoquées et sur leur éventuel lien avec les obligations contractuelles attachées au permis. Cette distinction devra être établie sur la base des contrats, des textes réglementaires et des actes administratifs concernés.

Des documents publics et des enquêtes réclamés

Pour sortir des accusations et des démentis, le RSD réclame la publication des principaux documents liés au permis Yakaar-Teranga et à son retrait. Le réseau souhaite notamment connaître les accords conclus avec Kosmos, les décisions administratives prises dans le dossier ainsi que les bases juridiques ayant encadré le processus.

L’organisation appelle également les autorités à déterminer la chaîne de responsabilité administrative et politique et demande, en cas d’irrégularités avérées, la saisine des organes de contrôle et des autorités judiciaires compétentes.

Cette demande intervient dans un contexte où d’autres organisations de la société civile ont déjà réclamé des explications sur les 55 millions de dollars évoqués par le Premier ministre. L’OSIDEA, l’ONG 3D et le Forum du Justiciable ont notamment appelé à la transparence et à une éventuelle saisine de l’OFNAC.

Pour le RSD, l’enjeu dépasse les querelles partisanes. Le réseau estime que toute décision portant sur plusieurs milliards de francs CFA liés à l’exploitation des ressources naturelles doit pouvoir être expliquée aux citoyens.

L’organisation précise toutefois que sa démarche ne vise pas à établir prématurément la culpabilité d’un quelconque responsable. Elle réclame plutôt que les faits soient vérifiés, que les documents soient rendus accessibles et que les responsabilités soient établies si des manquements sont effectivement constatés.

Alors que le gouvernement cherche désormais à clarifier les conditions du retrait de Kosmos Energy, le dossier Yakaar-Teranga apparaît ainsi comme un nouveau test pour les mécanismes de transparence, de contrôle et de reddition des comptes dans la gestion des ressources pétrolières et gazières du Sénégal.

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