Affaire Softcare : la mission parlementaire confirme des matières premières périmées, sans preuve d’utilisation dans les produits finis

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THIEYSENEGAL.com : La mission d’information mise en place par l’Assemblée nationale après la polémique autour de Softcare a livré ses conclusions. Les députés confirment la présence de matières premières arrivées à expiration sur le site industriel de Sindia, dans le département de Mbour. En revanche, aucun élément scientifique ne permet, à ce stade, d’établir qu’elles ont été utilisées dans la fabrication des produits commercialisés.

L’affaire Softcare connaît un nouvel épisode avec la publication des conclusions de la mission d’information parlementaire constituée après la controverse apparue en décembre 2025.

La filiale sénégalaise d’un groupe chinois spécialisé notamment dans la fabrication de produits d’hygiène, dont les serviettes hygiéniques et les couches pour bébé, avait été au centre d’accusations portant sur l’utilisation présumée de matières premières périmées.

Face aux versions contradictoires, l’Assemblée nationale avait décidé de diligenter une mission afin de faire la lumière sur les conditions de stockage et d’utilisation des matières premières dans l’usine située à Sindia, dans le département de Mbour.

Selon les conclusions rapportées par l’APS, les investigations parlementaires ont permis d’établir la présence effective de matières premières ayant dépassé leur date de validité dans les installations de l’entreprise.

Parmi les produits identifiés figure notamment un film perforé référencé sous le code SAP 210032699. Au total, 2 260 kilogrammes de produits et de matières concernés ont été isolés avant d’être détruits par incinération.

Pour les députés, ces constatations mettent en évidence des failles dans le système de gestion des stocks de l’entreprise.

La mission relève notamment des insuffisances concernant le suivi des dates de péremption, l’isolement des matières considérées comme non conformes ainsi que la tenue des registres. L’historique des mouvements de stocks transmis par l’entreprise a également été jugé incomplet.

Des témoignages, mais pas de preuve scientifique d’incorporation

Au cours de leurs travaux, les parlementaires disent avoir recueilli différents témoignages ainsi que des échanges écrits et vocaux sur WhatsApp faisant état de consignes et d’un recours habituel à des matières premières périmées dans le processus de fabrication.

Ces éléments viennent alimenter les interrogations sur les pratiques qui auraient pu être observées au sein de l’entreprise.

Toutefois, la mission parlementaire établit une distinction importante entre la présence de matières périmées dans l’usine et leur éventuelle utilisation dans les produits finis.

Selon les conclusions présentées, les documents disponibles et les méthodes d’analyse actuellement mobilisables ne permettent pas de démontrer scientifiquement, a posteriori, que ces matières ont effectivement été incorporées aux produits finis mis sur le marché.

Au-delà de la gestion interne de Softcare, les députés font également état de dysfonctionnements institutionnels dans le traitement du dossier.

La mission parlementaire souligne ainsi plusieurs insuffisances dans le contrôle et le suivi des matières premières, tout en évitant de tirer une conclusion scientifique qui ne pourrait être étayée par les éléments disponibles.

L’affaire Softcare laisse donc apparaître deux constats distincts : la présence avérée de matières premières périmées sur le site de Sindia et l’absence, à ce stade, de preuve scientifique établissant leur incorporation dans les produits finis commercialisés.

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