Dossier Eva Tra : 100 millions de FCFA réclamés, 5 ans ferme requis contre deux prévenus

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THIEYSENEGAL.com : Le procès du vol de bijoux commis au domicile de l’animatrice de la TFM, Awa Traoré dite Eva Tra, s’est tenu vendredi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. La partie civile réclame 100 millions de FCFA de dommages et intérêts, tandis que le ministère public a requis cinq ans d’emprisonnement ferme contre chacun des deux prévenus.

L’affaire du vol de bijoux au domicile d’Awa Traoré, alias Eva Tra, a été examinée vendredi par le tribunal des flagrants délits de Dakar. Les faits remontent au 24 juillet 2026 et portent sur des bijoux évalués à environ 14 millions de FCFA.

Deux hommes comparaissaient à la barre. Mouhamed Coulibaly, 40 ans, commerçant domicilié à Taïba Niassène, est poursuivi pour escroquerie portant sur les bijoux. Baye Guèye, 41 ans, peintre et domicilié dans la même localité, est quant à lui poursuivi pour recel.

Les deux prévenus ont contesté les accusations portées contre eux.

Le fils de l’animatrice piégé par un faux agent de Sonatel

À l’audience, le fils d’Eva Tra, B. W. Seck, a expliqué comment il aurait été trompé par un individu qui s’était présenté comme un agent de Sonatel.

Selon son récit, l’homme l’a d’abord contacté sur la ligne fixe du domicile, prétextant un problème lié à la connexion Wi-Fi et à la facturation. L’interlocuteur aurait ensuite obtenu son numéro de téléphone avant de lui faire croire qu’il avait échangé avec sa mère.

C’est dans ce contexte que le jeune homme aurait été amené à récupérer les bijoux de sa mère. Il affirme avoir forcé la porte d’une armoire sur instruction de son interlocuteur, puis avoir remis le sac contenant les biens à un chauffeur de taxi.

Eva Tra évoque un possible réseau

À la barre, Eva Tra est également revenue sur les circonstances de l’affaire.

L’animatrice explique avoir constaté de nombreux appels provenant de numéros privés ou inconnus alors qu’elle se trouvait à son atelier de couture. Après la disparition des bijoux, elle affirme avoir échangé directement avec les personnes qui la contactaient.

Selon elle, les interlocuteurs lui auraient notamment demandé d’identifier certains bijoux. La victime dit avoir passé environ 17 minutes à négocier avec eux.

Eva Tra a également évoqué l’hypothèse d’un réseau organisé, compte tenu notamment de la multiplicité des communications et du mode opératoire utilisé.

Baye Guèye a nié avoir participé au vol. Il soutient qu’au moment des faits, il se trouvait à Kaolack pour son activité de peintre.

Le tribunal lui a cependant rappelé certaines déclarations qui lui sont attribuées lors de l’enquête. Selon le dossier, il aurait reconnu avoir perçu 400 000 FCFA comme commission après la vente des bijoux et aurait indiqué avoir utilisé cet argent pour acheter des médicaments à sa mère.

À l’audience, le prévenu a changé de version. Il affirme que ces déclarations lui auraient été attribuées après avoir subi des violences de la part des enquêteurs.

Le dossier mentionne également un déplacement en Gambie qui aurait été effectué avec Mouhamed Coulibaly dans le cadre de la vente de l’or. Baye Guèye conteste également cet élément.

Mouhamed Coulibaly a, de son côté, rejeté toute implication. Il affirme notamment ne posséder qu’un seul téléphone, de marque Oppo.

Le tribunal lui a toutefois opposé les résultats des investigations techniques versés au dossier. Ceux-ci font notamment référence à un téléphone Motorola dont l’IMEI aurait été localisé dans la zone de Taïba Niassène.

L’enquête indique également que des appels auraient été effectués vers la ligne fixe du domicile d’Awa Traoré à partir d’un numéro utilisé par Mouhamed Coulibaly ainsi que d’un numéro attribué à son épouse.

Le prévenu reconnaît avoir possédé l’appareil Motorola, mais affirme l’avoir confié à sa femme avant que celui-ci ne soit perdu dans une forêt.

Constituée partie civile, Sonatel a également pris part au procès. Par la voix de Me Moulaye Kane, l’opérateur téléphonique a demandé que Mouhamed Coulibaly soit déclaré coupable d’usurpation de fonction civile de Sonatel.

L’avocat estime que l’utilisation de l’identité de l’entreprise dans cette affaire porte atteinte à son image et à son fonctionnement. Il réclame un million de FCFA à titre de réparation.

Du côté d’Eva Tra, ses avocats, Mes Aboubacry Barro et Fatoumata Sall, ont plaidé la culpabilité des deux prévenus.

Me Barro a demandé la condamnation des mis en cause et réclamé 100 millions de FCFA de dommages et intérêts pour sa cliente. Il a également souhaité que Sonatel soit intégrée à la procédure, estimant que la responsabilité de l’opérateur pouvait être discutée.

Me Fatoumata Sall a, pour sa part, évoqué la piste d’une bande organisée opérant potentiellement entre le Sénégal et la Gambie. Elle a estimé que la complexité du dossier pouvait justifier l’ouverture d’une information judiciaire.

Dans son réquisitoire, le procureur de la République a insisté sur les éléments techniques issus de l’enquête ainsi que sur les déclarations recueillies au cours de la procédure.

Le ministère public estime que les investigations ont permis de faire le lien entre les communications utilisées lors du vol et la zone de Taïba Niassène. Pour le parquet, le dossier contient suffisamment d’éléments matériels et de déclarations permettant de soutenir les poursuites.

Le procureur a également évoqué les antécédents judiciaires des prévenus avant de requérir cinq ans d’emprisonnement ferme contre chacun d’eux.

La défense de Mouhamed Coulibaly a contesté les éléments techniques présentés à l’audience. Me Abdou Aziz Diop a notamment remis en cause le lien entre son client et le téléphone Motorola évoqué dans le dossier.

L’avocat a également contesté la valeur des réquisitions techniques attribuées à Sonatel et souligné plusieurs zones d’ombre dans la procédure.

Me Diop a plaidé le bénéfice du doute, rappelant qu’une condamnation pénale ne peut, selon lui, reposer sur de simples présomptions. Il a demandé la relaxe de son client.

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