THIEYSENEGAL.com : La situation épidémiologique liée à la diphtérie retient l’attention des autorités sanitaires dans la région de Matam. Sur 55 cas suspects recensés, 13 ont été confirmés. Aucun décès n’a été enregistré à ce stade. Les services de santé renforcent le suivi des contacts et misent sur la vaccination pour contenir la propagation.
La vigilance est de mise dans la région de Matam face à la circulation de la diphtérie. Le directeur régional de la Santé, Dr Ibrahima Cissé, a fait le point sur l’évolution de la situation à l’issue d’un Comité régional de développement (CRD) présidé par l’adjoint au gouverneur.
Selon les données communiquées par les services sanitaires, 55 cas suspects ont été recensés dans la région. Parmi eux, 13 ont été confirmés, tandis que 40 prélèvements se sont révélés négatifs. Deux autres échantillons sont encore en cours d’analyse à l’Institut Pasteur.
La répartition des cas confirmés fait apparaître une forte concentration dans le district sanitaire de Matam. Dix cas y ont été enregistrés, contre deux dans le district de Kanel et un à Thilogne.
Le profil des patients concernés appelle également à une attention particulière. L’âge médian des personnes touchées est de 14 ans, avec une nette prédominance féminine : 10 des 13 cas confirmés sont des filles.
Aucun décès lié à cette épidémie n’a été rapporté jusqu’à présent.
Soixante contacts placés sous surveillance
Dans le cadre du dispositif de riposte, les équipes sanitaires ont identifié 60 contacts autour des cas confirmés. Ces personnes font l’objet d’un suivi pendant dix jours afin de détecter rapidement toute apparition de symptômes.
Une dizaine de contacts a déjà terminé cette période de surveillance. À ce stade, aucun des contacts encore suivis ne présente de signes évocateurs de la maladie, selon les autorités sanitaires.
Sur le plan thérapeutique, les services régionaux assurent disposer des antibiotiques nécessaires à la prise en charge de cette infection bactérienne. Les médicaments sont disponibles dans les dépôts ainsi que dans les différentes structures sanitaires de la région.
Pour améliorer la rapidité de la riposte, la Direction régionale de la Santé a également renforcé le circuit des prélèvements. L’objectif est de réduire le délai entre le prélèvement, son analyse et la transmission du résultat.
Les échantillons doivent ainsi être acheminés rapidement pour analyse, avec un système de rendu électronique permettant aux équipes sanitaires de disposer plus vite des résultats et d’engager, le cas échéant, les investigations autour des cas confirmés.
La vaccination au centre du dispositif
Le Dr Ibrahima Cissé a par ailleurs insisté sur l’importance de la vaccination. Si la couverture vaccinale au vaccin hexavalent demeure globalement satisfaisante dans la région, les services de santé ont identifié des enfants sous-vaccinés ou non vaccinés.
Le district sanitaire de Matam, qui concentre le plus grand nombre de cas, est particulièrement concerné par cette situation. Les autorités invitent ainsi les parents à vérifier les carnets de vaccination de leurs enfants et à se rapprocher des structures sanitaires pour régulariser les vaccinations si nécessaire.
La région compte une centaine de sites de vaccination où les familles peuvent se rendre.
Les autorités sanitaires appellent enfin les populations à consulter sans attendre en cas de symptômes suspects. Une douleur à la gorge, une difficulté à avaler ou la présence d’un dépôt blanchâtre dans la gorge, avec ou sans fièvre, doivent conduire à consulter rapidement une structure de santé.