THIEYSENEGAL.com : Les tensions entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale continuent de nourrir le débat public au Sénégal. Alors que plusieurs dossiers ont récemment donné lieu à des désaccords entre le gouvernement et les députés, Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center, appelle les acteurs politiques à privilégier l’apaisement.
Dans une prise de position relayée mercredi 30 septembre, le défenseur des droits humains estime qu’une prolongation du bras de fer institutionnel pourrait avoir des répercussions sur la stabilité du pays. Il évoque notamment des risques sur les plans politique, économique et social, dans un contexte qu’il décrit comme marqué par la précarité et de fortes tensions sociales.
« La guerre sans merci et sans concession entre le Parlement sénégalais et l’Exécutif, si elle ne s’arrête pas, risque de créer une des sources les plus sérieuses d’instabilité politique, économique et sociale », écrit Alioune Tine.
Pour le fondateur d’Afrikajom Center, la persistance des divergences entre les deux pouvoirs pourrait alimenter une situation d’impasse. Il appelle ainsi les responsables politiques à mettre un terme à ce qu’il qualifie de confrontation « absurde et sans intérêt ».
Cette nouvelle sortie intervient alors que plusieurs épisodes ont récemment illustré les tensions institutionnelles. En août, l’Assemblée nationale avait contesté les modalités retenues pour la convocation de la Déclaration de politique générale du Premier ministre. Après plusieurs échanges sur la procédure, la DPG d’Ahmadou Al Aminou Lô a finalement été programmée au 8 septembre.
Plusieurs dossiers au cœur des désaccords
La troisième session extraordinaire de l’Assemblée nationale, ouverte le 18 septembre, a également été marquée par des débats sensibles entre députés et représentants du gouvernement. Les discussions portent notamment sur des textes relatifs au secteur pétrolier, aux dépenses spéciales et à plusieurs questions de politique publique.
Le 29 septembre, l’Assemblée nationale a notamment renvoyé en commission le projet de loi sur la carte biométrique CEDEAO. Le même jour, l’examen d’une proposition de modification du Code pétrolier a été suspendu après que le gouvernement a saisi le Conseil constitutionnel.
Dans ce contexte, Alioune Tine invite les différents protagonistes à privilégier le dialogue institutionnel. Il estime que la poursuite du face-à-face pourrait compliquer davantage le fonctionnement des institutions et peser sur un climat social déjà tendu.
Son appel intervient quelques jours après celui du juriste Mor Fall, qui soulignait également, le 27 septembre, le rôle de la Constitution comme cadre de référence en période de tensions entre l’Exécutif et le Parlement.