Khalifa Sall alerte sur la dette : « Ce qu’ils font, c’est du suicide »

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THIEYSENEGAL.com : L’ancien maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, a vivement critiqué la politique d’endettement du Sénégal. Invité vendredi sur le plateau de la 7TV, le leader de Taxawu Sénégal a dénoncé le recours croissant à l’emprunt pour assurer notamment le remboursement des engagements financiers de l’État.

Pour l’ancien édile de la capitale, la situation actuelle constitue un « vrai désastre ». Il estime que l’État entre dans un cycle préoccupant où de nouveaux emprunts servent en partie à honorer des dettes antérieures, au détriment des investissements publics.

« C’est un vrai désastre. La façon dont ils s’endettent, c’est du soul bouki, souli bouki. Tu t’endettes pour rembourser des dettes et c’est l’investissement qui en pâtit », a-t-il déclaré.

Des conditions de financement jugées préoccupantes

Khalifa Sall pointe également les conséquences de la dégradation de la situation financière du pays, notamment le contexte marqué par la suspension du programme du Fonds monétaire international (FMI) et la dégradation de la perception du risque souverain sénégalais.

Selon lui, cette situation renchérit le coût des financements et pousse l’État à davantage solliciter le marché intérieur. Il évoque des taux d’intérêt pouvant dépasser les 8 %, une situation qu’il juge difficilement soutenable à long terme.

« Ce qu’ils font, c’est du suicide », a martelé l’ancien maire de Dakar.

Khalifa Sall a par ailleurs dressé un bilan particulièrement critique de l’action du régime actuel sur le terrain des infrastructures. Il affirme que, depuis l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités, aucun chantier majeur n’aurait véritablement été lancé ou achevé.

« Pas une seule brique » n’aurait été posée, selon lui, estimant que plusieurs infrastructures récemment inaugurées ont été initiées sous l’ancien régime de Macky Sall.

Cette lecture relève toutefois de son appréciation politique et ne constitue pas, en elle-même, un bilan exhaustif des investissements réalisés ou engagés depuis l’alternance.

« L’État ne peut pas vivre uniquement de salaires et de dettes »

Pour Khalifa Sall, la contrainte budgétaire actuelle réduit fortement les marges de manœuvre de l’État. Il considère que la priorité donnée au paiement des salaires et au service de la dette laisse moins de ressources disponibles pour financer les politiques publiques et les investissements.

« Ils se sont mis dans une situation où ils ne peuvent payer que les salaires et les dettes », a-t-il déploré.

L’ancien maire estime également que la crise de confiance avec les partenaires financiers internationaux complique davantage la situation du Sénégal. Il appelle ainsi les autorités à renouer le dialogue avec les partenaires et à éviter les positions susceptibles d’isoler davantage le pays.

Miser sur les ressources nationales

Khalifa Sall reconnaît que certains États ont pu choisir de réduire leur dépendance vis-à-vis des partenaires extérieurs, mais estime que cette stratégie suppose de disposer de ressources internes suffisamment importantes pour compenser la baisse des financements extérieurs.

Il cite notamment le pétrole, le zircon, l’or et l’agriculture parmi les secteurs susceptibles de renforcer les recettes nationales. À ses yeux, le Sénégal doit accélérer la mobilisation de ces ressources afin de disposer d’une plus grande autonomie financière.

« Mais si tu n’as pas cela, tu es obligé d’aller travailler avec les partenaires », a-t-il soutenu.

À travers cette sortie, Khalifa Sall remet donc au centre du débat la question de la soutenabilité de la dette, du coût des emprunts et de la capacité de l’État à préserver ses investissements tout en honorant ses engagements financiers. Un débat appelé à rester sensible dans un contexte où les autorités cherchent à restaurer la confiance des marchés et des partenaires internationaux.

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