THIEYSENEGAL.com : Alors que les tensions sur les marchés internationaux de l’énergie mettent à rude épreuve les finances publiques, Aminata Touré défend la politique menée par l’État sénégalais pour contenir l’impact de la hausse des cours du pétrole sur les ménages.
L’ancienne Première ministre estime que le gouvernement a déjà consenti des efforts importants pour éviter une répercussion immédiate de la flambée des cours internationaux sur les prix à la pompe. Une position qui intervient dans un contexte marqué par une forte volatilité du marché pétrolier et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Une pression croissante sur les prix
La question du carburant s’est imposée ces derniers mois comme l’un des principaux sujets économiques au Sénégal. Le 22 mai 2026, devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko avait reconnu que la situation internationale faisait peser une pression croissante sur le dispositif de soutien aux prix.
Le chef du gouvernement avait alors indiqué que le Sénégal maintenait encore ses prix à la pompe malgré la hausse des cours mondiaux, tout en avertissant que la poursuite du choc énergétique pourrait rendre cet effort budgétaire de plus en plus difficile.
Dans ce contexte, Aminata Touré défend l’idée d’un effort maximal de l’État pour préserver autant que possible le pouvoir d’achat des Sénégalais.
Le pouvoir d’achat au cœur du débat
Pour l’ancienne Première ministre, la question ne doit toutefois pas se limiter au prix affiché dans les stations-service. Elle doit également porter sur les moyens de renforcer durablement le pouvoir d’achat et de créer de nouvelles marges de manœuvre pour l’économie nationale.
Elle appelle ainsi à privilégier un débat de fond sur les ressources disponibles, les dépenses publiques et les politiques susceptibles d’améliorer les conditions de vie des ménages.
Cette approche rejoint les préoccupations exprimées par le gouvernement devant les députés : maintenir les prix des hydrocarbures représente un coût important pour les finances publiques, alors que l’État doit parallèlement assurer ses dépenses prioritaires. Selon les données présentées par Ousmane Sonko, le soutien aux carburants avait notamment atteint des niveaux particulièrement élevés lors de la flambée pétrolière de 2022 et 2023.
L’énergie, un enjeu stratégique pour le Sénégal
Au-delà de la conjoncture internationale, Aminata Touré met en avant la nécessité d’accélérer la transformation du modèle énergétique sénégalais.
Le développement du gaz constitue notamment l’un des leviers évoqués depuis plusieurs années pour réduire la dépendance du pays aux combustibles importés. L’exploitation des ressources gazières nationales et leur utilisation dans la production d’électricité doivent permettre, à terme, de réduire certains coûts énergétiques et d’améliorer la compétitivité des entreprises.
Cette orientation s’inscrit dans la stratégie de souveraineté énergétique défendue par les autorités sénégalaises, alors que le pays est devenu producteur de pétrole depuis 2024 et cherche désormais à mieux valoriser ses ressources énergétiques.
Les filets sociaux pour amortir le choc
Sur le plan social, Aminata Touré souligne également l’importance des dispositifs destinés aux ménages les plus vulnérables.
Les bourses familiales ont notamment été renforcées. En avril 2026, elle rappelait que le nombre de ménages bénéficiaires était passé de 300 000 à plus d’un million, tandis que le montant de l’allocation avait été porté de 25 000 à 35 000 francs CFA.
Ces mécanismes sont présentés comme un moyen d’amortir les effets de la cherté de la vie et de soutenir les familles confrontées à la hausse des dépenses essentielles.
Un débat économique appelé à se poursuivre
La question des prix du carburant reste ainsi au croisement de plusieurs enjeux : pouvoir d’achat, équilibre budgétaire, souveraineté énergétique et protection sociale.
En défendant les efforts consentis par l’État, Aminata Touré entend mettre en avant les contraintes auxquelles le Sénégal est confronté tout en appelant à regarder au-delà de la seule évolution des prix à la pompe.
Le véritable défi, désormais, consiste à trouver un équilibre entre la protection du consommateur, la soutenabilité des finances publiques et l’accélération des investissements capables de réduire durablement la dépendance énergétique du pays.