Course à la tête de l’ONU : la société civile africaine veut faire de Macky Sall un candidat continental

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THIEYSENEGAL.com : La candidature de Macky Sall à la succession d’António Guterres prend une nouvelle dimension avec l’entrée en scène d’organisations de la société civile africaine. Réunies à Cotonou, des OSC issues de plusieurs régions du continent ont annoncé une campagne destinée à promouvoir le profil de l’ancien président sénégalais auprès de l’opinion africaine et, plus largement, de la communauté internationale.

Cette mobilisation, coordonnée par Cyrille Nguiegang, s’inscrit sous le thème : « Pour un leadership africain au service de la paix, du multilatéralisme et de la communauté internationale ».

Une candidature présentée comme un enjeu africain

Pour les organisations mobilisées, l’enjeu dépasse la seule personne de Macky Sall. Elles veulent présenter sa candidature comme une occasion pour l’Afrique de renforcer sa représentation dans les institutions internationales et de défendre une gouvernance mondiale davantage équilibrée.

L’ancien président sénégalais dispose d’une expérience internationale importante. Il a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024 et a présidé l’Union africaine en 2022. Ce passage à la tête de l’organisation continentale constitue aujourd’hui l’un des principaux arguments de ses soutiens.

Le Sénégal a officiellement apporté son soutien à sa candidature en juillet 2026. Le président Bassirou Diomaye Faye a demandé au gouvernement et au réseau diplomatique sénégalais de contribuer à la promotion de cette candidature auprès des États membres des Nations unies.

L’expérience de la guerre en Ukraine mise en avant

Les promoteurs de la candidature rappellent également l’implication de Macky Sall dans les discussions internationales liées aux conséquences de la guerre en Ukraine.

En juin 2022, alors président en exercice de l’Union africaine, il s’était rendu en Russie pour rencontrer Vladimir Poutine. Les discussions portaient notamment sur les conséquences du conflit sur l’approvisionnement de l’Afrique en céréales et en engrais.

Cette séquence diplomatique est régulièrement présentée par ses soutiens comme l’illustration d’une capacité à dialoguer avec des dirigeants aux positions opposées et à défendre les intérêts du continent africain dans une crise internationale majeure.

Une réforme du système multilatéral au cœur du discours

La campagne en faveur de Macky Sall s’appuie également sur ses prises de position en faveur d’une réforme de la gouvernance mondiale.

L’ancien chef de l’État sénégalais défend notamment une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies afin de mieux refléter les réalités géopolitiques actuelles. Il plaide aussi depuis plusieurs années pour une représentation accrue de l’Afrique dans les grandes institutions internationales.

Cette revendication s’inscrit dans la position défendue par l’Union africaine, qui réclame une représentation permanente du continent africain au Conseil de sécurité avec des droits correspondant à ce statut.

Une compétition internationale déjà engagée

La succession d’António Guterres, dont le mandat s’achève à la fin de 2026, est désormais officiellement ouverte. Plusieurs personnalités sont engagées dans la course, dont Macky Sall, l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, l’ancienne ministre équatorienne María Fernanda Espinosa, ainsi que d’autres candidats issus de différentes régions du monde.

Le processus de désignation reste complexe. Le prochain secrétaire général devra d’abord obtenir une recommandation du Conseil de sécurité avant d’être nommé par l’Assemblée générale de l’ONU.

Cette procédure confère aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité — Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie — un rôle déterminant dans l’issue de la compétition.

Cotonou comme point de départ d’une campagne panafricaine

À Cotonou, les organisations réunies autour de Cyrille Nguiegang veulent désormais amplifier la mobilisation. Leur ambition est de convaincre les acteurs de la société civile, les intellectuels et les différentes composantes de l’opinion africaine de soutenir la candidature de Macky Sall.

Le message porté par ces organisations repose sur une idée centrale : faire de l’éventuelle accession d’un Africain au secrétariat général de l’ONU non pas une victoire symbolique, mais l’occasion de défendre une nouvelle approche du multilatéralisme.

Pour ses promoteurs, Macky Sall dispose d’un parcours national, continental et international susceptible de répondre à cette ambition. Mais la campagne devra désormais franchir une étape décisive : transformer le soutien de la société civile et l’appui diplomatique du Sénégal en un véritable consensus africain, avant de convaincre les principaux décideurs du système onusien.

La bataille pour la succession d’António Guterres ne fait donc que commencer. Et avec cette mobilisation à Cotonou, les partisans de Macky Sall entendent clairement donner à sa candidature une portée qui dépasse les frontières sénégalaises.

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